samedi 13 novembre 2010

#247 – Dans une bonne main

Vous jouez au tennis ? Non. Vous avez reçu un coup au coude ? Non. Tenu quelque chose à pleine main, en exerçant des pressions répétées pendant un certain temps ? Elle hésite, ça lui rappelle... une image apparaît, c’était la nuit... la fenêtre entrouverte... Ils se blottissaient l'un contre l'autre. Sa main droite dosait un mélange de douceur et de vigueur jusqu’au parachèvement, ce paroxysme absolu où il s’abandonna dans sa paume...


Avez-vous contracté votre main dans un effort intense ? Pendant que la face blême de la lune était apparue à l'embrasure de la fenêtre, elle avait prit Pierre en main. Elle y avait mis du cœur à l'ouvrage, épousant parfaitement la forme du membre, ça la ravit encore. Une douleur dans le coude la ramène illico à maintenant, une semaine qu'elle ne se sert plus de son bras droit palpé et malaxé en cet instant par l’osthéo. Il le tire tout du long, saisit l’espace entre le radius et le cubitus d'une main de fer et débloque le coude, crac ! Elle jauge la fragilité de sa constitution et le prix du plaisir, elle envie la solidité des tractopelles et des cargos, aspire devenir inébranlable dans une prochaine vie. Pour une fois qu’elle s’abandonnait à son instinct dans les grandes largeurs.


Et quand pourrais-je reprendre mon sport préfèré ? Pas demain, lâche l’osthéo. Dans 807 jours, avec un peu de chance. Je vous conseille d'y aller mollo avec le bras droit en général et de développer votre côte ambidextre... Elle sort du cabinet avec l’impression d'avoir été prise en flagrant délit de main dans le pot à confiture et les larmes montent d’un coup. Rauque, un sanglot jaillit.

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